Parlons d’avortement sur Instagram pour mettre fin au tabou sur l’IVG

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Coucou les Roses ! Quand un compte Instagram se transforme en mini-livre qui parle sans tabou d’avortement, on est obligées de vous en parler. Parce que l’IVG (interruption volontaire de grosses) est un sujet difficile à aborder tant il est passé sous silence, on a trouvé que ce témoignage était essentiel pour toutes les nanas.

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Elle parle sans tabou de son avortement dans un mini livre sur Instagram

Parfois, dans la vie, shit happens comme on dit. Qu’on ait fait l’erreur de ne pas se protéger, ou qu’on fasse partie du petit pourcentage malchanceux de filles qui tombent enceintes alors qu’elles utilisent un moyen de contraception, pas facile de savoir quoi faire, ni à qui s’adresser tant le silence qui pèse sur l’avortement est susceptible de faire naître en soi un grand sentiment de honte et de culpabilité.

Si le planning familial est toujours là pour vous, on a parfois besoin d’un témoignage pour savoir concrètement de quoi il retourne.

Parce que l’avortement, on en parle beaucoup pour exprimer ses opinions, mais on en dit au final pas grand chose.

Clara Lalix a 26 ans quand elle découvre qu’elle est enceinte et prend la décision d’avorter.

1. Mardi 24 mai Je me réveille à 5h du matin et j’ai instantanément envie d’une pizza. Je passe les heures qui me séparent de l’ouverture des magasins à affiner mon choix. Ce sera une Regina. Classique : jambon, champignons. Indémodable. En arrivant à 9h à l’espace de co-working où je travaille, je la mets directement dans le four. L’endroit est calme, seulement Greg et Goffer sont déjà là. Je leur en coupe à chacun une petite part qu’ils mangent en ironisant sur cette envie matinale : « T’es enceinte ? ». Je rigole avec eux : me lever avec une envie de pizza n’est qu’un lieu commun de ma vie de teufeuse. Ce n’est que bien après, lorsque je déciderai de donner à cette pizza le poids de l’élément modificateur cliché, que cette banale Regina deviendra le début de l’histoire de mon avortement. #pizza #enviedefraise #enceinte #début #matin #envie #reveil #réalisation #prisedeconscience #collègues #Paris18 #Paris11 #taff #France #printemps #avortement #choix #histoire #droits #temoignage #recit #vie #ecrire #mots #textes #touteunehistoire #instalivre #lire #raconter

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Elle ne sait pas trop comment s’y prendre, et ne sait pas vraiment à quoi s’attendre non plus. Elle cherche sur internet, et réalise que c’est un sujet qu’on n’aborde pas. Elle écrit : « J’ai intégré une société secrète et muette où l’on baisse la voix en regardant autour de nous: ‘surtout, ne le dis à personne. »

Avorter, un choix pas facile dans une société où l’IVG frise le tabou et auquel se trouve quand même confrontée 1 femme sur 3.

En réaction à ce silence, souvent instrumentalisé par les anti-IVG, Clara décide de partager son expérience, de manière brute, sans y mettre les formes. Pour ne pas abandonner son silence à ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent. Pour qu’on puisse enfin en parler librement, savoir de quoi il retourne, partager et sortir de la solitude et du silence.

POSTFACE 3. Sur IVG.net, l’un des sites anti-avortement que vise la loi numérique portée par Laurence Rossignol à l’Assemblée nationale, on peut lire : « Evoquer les conséquences psychologiques de l’avortement est complexe pour nos sociétés, car en faire même l’étude conduit les lecteurs à penser que la démarche proposée revient à remettre en cause le droit à l’avortement (…) Malgré le fait que de nombreuses femmes sont concernées par cet acte, très peu témoignent de cette expérience douloureuse et sont capables d’en parler ouvertement : il est difficile d’évoquer cette souffrance, la culpabilité, le manque de l’enfant et le besoin de faire le deuil de l’enfant avorté. » Le tabou est ici instrumentalisé, il devient cause et conséquence. D’un côté, le tabou autour des conséquences psychologiques est présenté implicitement comme le seul rempart du droit à l’avortement (ben oui, si les conséquences psychologiques de l’avortement sont si peu étudiées, c’est que celles-ci sont si néfastes qu’elles ne sauraient être interprétées autrement que comme des arguments redoutables contre le droit à l’avortement). De l’autre, l’avortement est une expérience si traumatisante psychologiquement qu’il entraîne nécessairement un tabou aliénant chez les femmes, un tabou qui autorise les rédacteurs d’IVG.net à mettre des mots à leur place : souffrance, culpabilité, manque d’enfant, besoin de faire le deuil… J’ai décidé de parler de mes sentiments afin que personne ne se sente libre de me les prescrire. Évidemment qu’un avortement peut être très douloureux, aussi bien physiquement que psychologiquement. Aucune conséquence psychologique ne saurait néanmoins devenir l’argument d’une plaidoirie anti-avortement. Est-ce que les études des souffrances psychologiques induites par l’accouchement, la maternité et la parentalité sont jamais interprétées comme des remises en cause pernicieuses et cachées du droit d’avoir des enfants ? #IVG #assembleenationale #psychologique #sociétés #douloureuse #souffrance #culpabilité #manque #besoin #deuil #sentiment #choix #histoire #droits #temoignage #recit #vie #ecrire #mots #textes #touteunehistoire #instalivre #lire #raconter

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Elle décide de créer un compte instagram, « Je bois des cafés je me fais avorter » . En 26 posts et une postface, Clara raconte son expérience pour s’en délester, mais aussi pour partager avec celles qui pourraient se retrouver dans cette situation, qui l’ont vécue, ou qui se posent simplement des questions.

C’est dur, drôle parfois, honnête, sans ambages.

Pour chaque post : une phrase, et un morceau de récit en commentaire, numéroté de 1 à 26.

3. Mardi 24 & mercredi 25 mai Je passe les deux jours suivants à traîner sur Doctissimo en me sentant comme quelqu’un qui envisage pour la première fois qu’elle possède un utérus. Je n’y trouve que des filles qui sont hyper angoissées à l’idée de NE PAS être enceintes. Elles espèrent toutes que cette fois ce sera la bonne. Elles guettent l’arrivée des remontées acides, elles palpent leurs seins, ont arrêté de boire au cas où « bébé aurait déjà pointé le bout de son nez ». Moi je vais me bourrer la gueule avec un copain et je rentre ivre en Vélib. YOLO. #Doctissimo #utérus #filles #angoisse #panique #enceinte #copain #ivre #vélib #Paris11 #Paris18 #printemps #avortement #choix #histoire #droits #temoignage #recit #vie #ecrire #mots #textes #touteunehistoire #instalivre #lire #raconter

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On vous en conseille vivement la lecture les Roses, même si certains passages sont un peu durs.

Et on vous embrasse fort !